“Demande à #Cowork”.

C'est sans doute le point qui différencie le plus cette rentrée des précédentes : depuis le retour des vacances, je m'entends répondre plusieurs fois par semaine "Essaye plutôt Cowork". Ce nouveau réflexe s’applique tout autant à des situations très simples comme à des problématiques plus structurantes.

Situation n°1 : Gagner du temps

Quelqu'un me demande mes coordonnées pour intervenir lors d'une conférence sur le thème de l’IA. En temps normal : 5 minutes d’échange sur Teams perdues des deux côtés. Aujourd’hui : Cowork aurait permis à cette personne de retrouver les informations dans ma signature de mail, éventuellement sur un annuaire d’entreprise, et validé l'inscription de manière autonome.

C’est la situation historiquement mis en avant par des LLM intégrés au workspace, comme copilot, afin de traiter des tâches relativement simples.

Situation n°2 : Automatiser… manuellement.

Un responsable d'équipe jongle entre un fichier Excel de targeting et le suivi de son pipeline sur notre CRM. Il regarde son alternant - avec un peu de honte - avant de lui demander une énième ressaisie. Il me demande s'il n'y aurait pas une autre solution...

La réponse est simple : Cowork, pour mettre à jour automatiquement l'excel à partir des notes Copilot de ses meetings et se connecter au CRM afin de saisir les données “manuellement”, à sa place.

Ce cas business simple est amené à se démultiplier. Les dernières tendances logiciels, comme le mode “Autopilot” de Microsoft, conduiront irrémédiablement à la démocratisation de ce cas d’usage.

Situation n°3 : Substituer cowork à des initiatives projets

Une discussion plus stratégique, où l'API-sation tactique de processus est mise en regard du coût de développement et de maintenance, versus l'externalisation de tâches bien spécifiées et bien cadrées. Pourquoi ne pas utiliser Cowork, a minima comme solution intermédiaire, au regard d'un coût variable en tokens (input / output), sans engagement de développement ?

Malgré de fortes nuances selon ses déclinaisons, depuis Claude Cowork jusqu'à Copilot Cowork, l’objectif de ces outils n’est pas uniquement d’apporter une solution économique à un problème donnée : il s’agit de les substituer, sur le long terme, à des équipes projet entières. Bien sûr, ce n'est pas -toujours- aussi simple et le déploiement est encore souvent limité à quelques équipes "pilotes". Cependant, comme pour l’accès aux LLM classique, la généralisation sera la prochaine étape.


Conduite du changement et retour à une forme de “low-tech”.

Deux enjeux sont à considérer. dans l’évaluation de ces situations.

Le premier est le changement de mindset. Si Cowork n'est qu'une n-ième solution proposée par le CDIO, cela ne modifiera pas en profondeur l'organisation. Chacun doit se poser la question et assimiler Cowork au panel d'outils "workspace", comme MS Office.

Le second est plus contre-intuitif : privilégier Cowork, c'est privilégier une forme de low-tech. Un peu comme la "grande" époque du web-scraping ou des "robots" reproduisant l'enchaînement de commandes sur de vieilles interfaces 3270, afin de les intégrer dans des processus modernes, sans redéveloppement.

Pour une tâche répétitive mais spécifiée, il est souvent plus optimal de la confier à un agent que d'ouvrir un cycle de développement pour l'automatiser - avec son cahier des charges, ses arbitrages de priorisation, sa maintenance et son amortissement sur trois ans. Le coût est variable, en tokens, mais il n'y a pas d'actif technique à créer, une dette technique faible et une réversibilité immédiate.

C'est une révolution plus silencieuse de l'IA, mais peut-être celle qui impactera le plus l'ensemble des collaborateurs. Que l'agent tourne en local sur un poste ou dans le cloud sur l'environnement utilisateur - comme Copilot Cowork sur M365 -, cela peut devenir une nouvelle forme d'arbitrage. Et cette éventualité n'existait pas il y a encore quelques mois.