Les grands acteurs de la tech découvriraient-ils -enfin- en quoi l’IA révolutionne la personnalisation des interfaces ? Et comment elle les rend progressivement indépendantes des solutions logicielles ?

De Salesforce à Databricks : vers la maitrise de l’interface

Beaucoup a été dit sur #AIforce, la couche d’interface “LLM-powered” de Salesforce, présentée lors de leur dernier événement annuel #dreamforce. Mais Anthropic (avec Claude Dashboards), OpenAI (avec le Data agent de ChatGPT Work) ou Databricks (avec Genie App Builder) opèrent, chacun de leur côté, le même mouvement : laisser la main à la créativité et à la connaissance métier de leurs clients pour concevoir “on the fly” des interfaces personnalisées grâce à l’IA.

Microsoft, lors de ces dernières démonstrations officielles de Copilot et de ses “Autopilot”, n’hésite pas à montrer la capacité de son LLM à générer des dashboards de niveau c-level… totalement distincts du sacro-saint PowerBI - qui trouve toujours, officiellement, sa place dans la couche de données structurées “Fabric” et alimentant le contexte de “Fabric IQ”.

Pourtant, les entreprises ne les ont pas attendus : l’utilisation d’API pour accéder aux données en déportant ailleurs la gestion de l’interface était presque devenue un standard, malgré les contraintes opérationnelles et la complexité que cela génère.

Une nouvelle équation économique à marche forcée

S’il y a un consensus sur le besoin, comment se dessine la nouvelle équation économique “logiciel + interfaces déportées via IA” ? C’est là que plusieurs modèles s’opposent. Alors que Salesforce propose un upgrade (conséquent) de l’abonnement par “seat”, la plupart des acteurs misent plutôt sur un coût variable, au token ou au calcul, généralement sans surcoût par utilisateur pour accéder à ces nouvelles fonctionnalités.

Une chose est certaine : le verrou de l’interface comme barrière au changement de provider a sauté. Tout repose désormais sur le socle technique, le stack data et la connectivité des solutions... ce qui change assez radicalement la grille d’analyse des forces en présence.